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La souveraineté universelle des Ogaas : au-delà de la cartographie coloniale

La souveraineté universelle des Ogaas : au-delà de la cartographie coloniale

Dans la trame complexe de la Corne de l’Afrique, où les frontières tracées par les puissances coloniales blessent souvent les clans ancestraux, subsiste un principe d’autorité qui transcende l’État-nation moderne. Ce principe est incarné par les Ogaas des Issas, un leadership qui n’est pas une simple fonction politique, mais la continuation vivante d’un mandat historique et culturel. Parler en mal de cet Ogaas, comme l’a fait Abdalla Dhifiq, auteur de propos odieux, n’est pas seulement une impolitesse ; c’est une violation fondamentale du respect, une ligne rouge qui révèle une profonde ignorance de l’histoire et des contrats sociaux de cette région.

L’autorité de l’Ogaas ne se limite pas aux frontières arbitraires de Djibouti, de l’Éthiopie ou de la Somalie. Sa présence et sa légitimité puisent leurs racines dans le sol et l’âme des territoires de langue somalienne, une continuité qui remonte à bien avant l’arrivée des cartographes européens ou abyssins. Affirmer que l’Ogaas Issa, Mustaphe, est Éthiopien, Somalien et Djiboutien, c’est reconnaître son appartenance à un peuple, et non à un passeport. Ses déplacements à travers ces terres – qu’il s’agisse de traverser l’Éthiopie, Djibouti, Haryeisa ou Mogadiscio – ne relèvent pas d’un simple voyage international, mais de l’exercice d’un droit inhérent et historique. Ils sont aussi légitimes que ceux d’un roi parcourant ses terres ancestrales.

Cette souveraineté universelle des Issa n’est pas une invention moderne ; elle est l’héritage direct des grands sultanats d’Ifat et d’Adal. Ces entités politiques contrôlaient jadis les routes commerciales vers Harar, mobilisaient des armées et définissaient l’ordre politique bien avant la conception des nations actuelles. L’Issa Ogaas perpétue aujourd’hui cet héritage, incarnant un patrimoine somalien uni. Ses prédécesseurs n’avaient besoin ni de visas ni d’autorisations pour dialoguer avec les Français à Djibouti, négocier avec les Britanniques à Hargeisa ou naviguer dans les méandres de la politique du Somaliland à Sayla. Ils agissaient en vertu d’une souveraineté inhérente, traitant les puissances étrangères d’égal à égal, et non comme des sujets pris au piège d’un système colonial.

Ce contexte historique met en lumière l’audace d’une déclaration venant d’un personnage comme Abdalla Sandheere, Dhifiq, ministre dissident qui prétend donner des leçons aux Ogaas sur leur lieu de résidence, leurs déplacements et la gestion de leurs affaires. Un tel ordre témoigne d’une incompréhension fondamentale des protocoles qui régissent la société somalienne. Dhifiq, agissant dans le cadre d’un titre administratif moderne, ne reconnaît pas que l’autorité des Ogaas est ancrée dans la lignée, la tradition et la volonté collective de son peuple – une souveraineté bien plus ancienne et pérenne que n’importe quel portefeuille ministériel.

Exiger que Dhifiq, l’auteur des propos désobligeants, se rétracte et présente ses excuses n’est pas un acte de fierté mal placée ; c’est une affirmation de la préservation de la vérité historique et de la dignité sociale. L’Ogaas des Issa ne « prend pas de passeport » pour ces pays, car son identité n’est pas empruntée à un État ; son identité est l’État dont ces nations sont, à bien des égards, issues. Sa présence témoigne de la réalité immuable selon laquelle, si les nations sont éphémères, les clans et leurs chefs sacrés sont éternels.

Il convient donc d’être clair : l’Ogaas est une figure d’une importance historique capitale, gardien d’un héritage qui s’étend sur toute la Somalie. Son autorité est universelle, non par ambition, mais par la chaîne ininterrompue de l’histoire qui le relie aux sultans des anciens sultanats. Remettre en cause cette autorité depuis une perspective politique moderne, c’est ignorer le fondement même sur lequel repose le tissu social de la région. La ligne rouge n’est pas tracée pour exclure, mais pour protéger un héritage qui appartient à tous ceux qui parlent le somali et honorent les traditions de leurs ancêtres. Ces excuses ne sont pas une simple réparation pour un affront ; elles constituent une reconnaissance nécessaire d’une histoire que les cartes modernes ne sauraient effacer.

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