L’histoire d’un État qui a perdu le nord
Un véritable État se définit par son engagement envers la justice et l’égalité, par un pacte de gouverner en plaçant le bien-être de son peuple au premier plan. C’est une entité où règne la paix, garantissant la sécurité et la prospérité de tous ses citoyens. Or, la réalité contemporaine qui nous est présentée est un renversement brutal de cet idéal, un portrait glaçant d’un État qui non seulement a abandonné ces principes, mais a activement embrassé leur contraire. C’est un récit défini non par la paix, mais par le conflit ; non par l’unité, mais par la division et l’effondrement du tissu social.
La date est le 23 et le 24 juillet.
L’État est le Somaliland.
Le lieu est Geerisa.
Les événements du 23 juillet à Geerisa témoignent tragiquement de cette décadence morale. La violence qui a éclaté n’était pas un acte de guerre légitime, mais une tragédie insensée de destruction gratuite. Ce fut un spectacle de folie et d’ignorance, où la vie de civils innocents – femmes, enfants et personnes âgées – fut froidement bafouée. Il ne s’agissait pas d’une bataille entre armées, mais d’un massacre des plus vulnérables, un acte d’une sauvagerie abominable où des armes puissantes furent retournées contre ceux qui n’avaient que leurs voix et leurs besoins fondamentaux. Le crime est aggravé par l’identité des auteurs : une milice indisciplinée, non entraînée et dépourvue de toute éthique, agissant non pas dans un but stratégique, mais avec une brutalité pure et simple qui révèle une inhumanité profonde.
Cet acte brutal n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un système profondément défaillant. À tous les niveaux de l’État, les dirigeants sont devenus synonymes d’un mépris total des droits humains les plus fondamentaux. Les atrocités commises font écho de façon grotesque aux injustices historiques et rappellent de manière glaçante les méthodes de persécution universellement condamnées. La justification avancée pour de tels actes n’est qu’une rhétorique dangereuse et creuse de pouvoir sans limites. C’est le langage d’un despote – Cirro – qui se croit capable d’imposer sa volonté au peuple, en convoquant des conseils secrets et illégitimes et en imposant ses décrets à une population rendue aveugle et sourde à la vérité par la seule force de sa tyrannie. C’est le règne des caprices d’un seul homme, un conseil (trompeur) qui ne sert qu’à consolider son pouvoir et à isoler les citoyens de la communauté somalienne et internationale.
La prétention de cette entité à la souveraineté étatique est une farce grotesque. Cet État autoproclamé ne repose pas sur la volonté du peuple, mais sur un fondement de mensonge, de répression et de dépendance internationale, semblant calqué sur un modèle d’oppression étranger. Ses dirigeants s’obstinent à choisir leurs représentants, à étouffer toute dissidence et à imposer un discours déconnecté de la raison et de la réalité. C’est la marque d’un État failli et illégitime, un mirage dangereux bâti sur des mensonges et des effusions de sang. Le peuple est dépouillé de sa souveraineté, sa voix est étouffée et son existence même est instrumentalisée contre lui.
En conclusion, nous assistons à une catastrophe majeure qui frappe la nation. Cette crise exige une vigilance internationale et une action décisive. L’État, dans sa configuration actuelle, est l’ennemi de son propre peuple. Ses politiques engendrent la mort, le déplacement de populations et le désespoir, tandis que ses processus internes sont totalement dépourvus de paix, de justice, de transparence et de tout principe islamique de consultation et d’éthique. C’est une tragédie née d’une direction erronée et d’un système illégitime, et le monde a l’impératif moral de demander des comptes à ses responsables pour les ravages qu’ils ont causés. Pour un peuple qui aspire à la paix, à la justice et à un avenir stable, cette réalité n’est pas une gouvernance, c’est une catastrophe.


